dimanche 29 janvier 1984

Un autre émoi, par Philippe Roger

A propos d'«Un autre émoi »

La création d'Un autre émoi, ça n'a pas pris beaucoup de temps, en un après-midi les grands traits étaient tirés. L'idée et la volonté de départ en reviennent entièrement à Antoine Proust. Moi, j'étais son comparse et j'étais partant. Simple non ?

J'ai rencontré Antoine par l'entremise de Bruno Chapoutot alias Dorian Feller, on a sympathisé, on se voyait souvent, j'étais assez disponible et Antoine s'ennuyait ferme à cette époque. Nous avions la même idée de Reims : une ville merdique où il ne se passait plus rien ; seule une oasis dans le désert musical du moment : RFM 93. Naturellement on avait commencé par faire une émission. Luc Roussard, cofondateur de la radio et qui n'allait pas tarder à quitter la boutique nous a reçus sur les escaliers de la Maison Commune du Chemin Vert alors qu'il quittait son boulot, on lui a expliqué notre vague projet d'émission rock et il nous a répondu « bon, ça doit être possible, venez tel jour faire un essai ! ».
L'émission s'appelait Ne sois pas si bête. J'ose à peine dire l'origine de ce nom et je pense qu'Antoine n'a pas fait le rapprochement à l'époque ou alors il s'en foutait bien : j'ai toujours aimé cette chanson de variété (ben oui, France Gall) et rêvé d'en faire une version déjantée (tube de 64 dont j'ai longtemps ignoré que c'était une traduction de Stand a little closer : pratique courante des 60's en France, les radios se gardaient bien de dire qu'il ne s'agissait pas de chansons originales).

On s'est investi dans ce truc, on a pris des contacts pour avoir des disques, on est allé à Paris chez New Rose et on était content que ça marche. Notre investissement dans l'aspect politique ou associatif de la radio étaient quasi nul, il faut bien le dire ! Et même, on n'appréciait pas d'avoir à laisser les disques qu'on récupérait rien que par notre propre énergie (ben oui on était pas branché communauté !). Ceci dit l'émission a bien marché et on s'est fait quelques copains des auditeurs qu'on a retrouvé avec les concerts (London1 et Jo la Cravate2, jamais l'un sans l'autre, autant le premier était calme et placide autant Jo était tonique et vif).

Un jour Antoine a débarqué à la maison et m'a parlé de son idée, en peu de mots, quelque chose d'aussi simple que ça : « j'ai envie de faire une assoce, pour des concerts de rock, qu'est-ce que t'en dis ? Faut trois noms pour être enregistré, si t'es partant y a plus qu'un nom à trouver ». Depuis le temps qu'on ressassait les mêmes trucs sur Reims, j'avais pas trop le choix, question d'être logique, non ? Antoine a été d'une efficacité rare (c'était pas le genre à se remuer pour n'importe quoi) puisque dans mon souvenir ça n'a pris que quelques jours y compris l'achat du timbre fiscal, c'était vraiment de l'hyper activité dans son cas ! On a trouvé le nom le jour même et je me rappelle qu'on était contents de nous parce que jouant sur le son, Un autre et moi, Un autre émoi ça nous semblait bien vu. Plusieurs fois les groupes nous ont dit que c'était vraiment bien comme nom et on s'est même énervés avec la M.J.C. du Château d'eau à Croix-Rouge quand ils ont organisé un événement avec le nom « Un autre émoi », sans vergogne, le mec était même pas plus gêné que ça quand je l'ai sommé de retirer le nom de leur affiche. Faut dire qu'il y avait de la concurrence dans l'air entre les M.J.C. même si en façade c'était une belle grande famille (la M.J.C. Wilson commençait à battre de l'aile, celle de Maison Blanche n'allait guère mieux, quant à Claudel c'était…un anachronisme local). Il nous fallait quand même un 3ème nom pour créer l'association et Antoine connaissait une fille, étudiante, vaguement intéressée par la musique mais surtout assez sympa pour accepter de mettre son nom sur la déclaration. Antoine a résumé le truc en disant que de toutes façons ça l'engageait à rien, c'était juste pour rendre service. Je ne me souviens plus de son nom3 mais elle est venue aux concerts au moins la première année et je crois bien qu'elle a participé aussi à quelques séances de collage d'affiches. Je ne sais plus qui était quoi (président, trésorier, secrétaire), de toutes façons ça ne voulait rien dire pour nous : on s'en foutait bien, le projet tenait en quelques mots, il était simple, ferme et définitif : garder un esprit de fan, ne pas devenir une grosse association, pas de bizness, ne faire que ce qui nous plaît.

On n'avait évidemment pas d'argent à investir, à tous les deux si mes souvenirs sont bons on a réuni 1000 francs4 pour les frais à venir et basta. Le truc logistique le plus intéressant étant que je ne payais pas le téléphone à l'époque, intéressant pour les contacts et innombrables coups de fil à passer.

Antoine avait une idée pour le premier concert : Les Snipers de Dijon (absolument inconnus pour moi), je ne me souviens pas du tout du comment de son contact, toujours est-il qu'il fallait trouver une salle d'accueil et là, Reims à cette époque c'était NADA et on ne connaissait personne branché sur le même truc.

Étant plus vieux qu'Antoine et ayant connu la période faste des années 70 avec des tas de concerts à la Macu (Maison de la Culture), salle des Cordeliers, M.J.C. le Flambeau, Maison Blanche, au centre Saint-Exupéry et dans tous les styles, j'ai proposé à Antoine d'aller tâter le pouls à Saint-Ex, un endroit où il ne se passait plus rien d'intéressant musicalement, devenu l'antithèse de ce qu'il avait été. De lieu de culture populaire c'était devenu une vitrine aseptisée de la culture locale. Nous avons rencontré un garçon sympa, dernier tenant visiblement, dans cet endroit, d'une idée de culture ouverte et vivante : Pascal Stritt (connu depuis comme photographe). Pascal ne nous a pas caché que ce n'était pas dans l'air du temps à Saint-Ex mais qu'il soutenait le projet, il n'a pas sourcillé devant notre amateurisme, a bien compris qu'il avait à faire à des gars sans grands moyens et je sais qu'il a mouillé sa chemise pour que le concert se fasse. La convention : pas de location de salle, la buvette pour Saint-Ex et la caisse pour le groupe (il y avait un minimum de prévu). Le 1er concert a donc eu lieu un dimanche après midi, nous fébriles, la pub faite par nous deux, comme on a pu avec les affiches que le groupe nous a envoyées plus des messages à la radio.
Les Snipers ont inauguré ce qui allait devenir pour longtemps la marque de fabrique d'Un autre émoi : repas à la maison et à Claudel, ambiance familiale, (sauf qu'eux ils n'ont pas dormi à la maison, ils ont fait l'aller retour dans la journée). Je me souviens leur avoir demandé en nous rendant à la salle de ne pas fumer dans ma voiture because j'avais un jeune enfant, ils étaient vraiment cool ces dijonnais. Une fille des Calamités devait venir avec eux puis ça s'est pas fait, c'était prévu en tous cas. Des photos faites par un copain photographe Marc Roger (il a pendant plusieurs années tenu la boutique Déclic à Saint-Rémi, compagnon pendant un bon moment des concerts il nous donnait ses photos généreusement).
Très bon concert, une centaine d'entrées payantes pour un dimanche après midi, de l'avis de Pascal c'était un bon début, il était prêt à renouveler mais ça n'a pas été plus loin par refus de la direction de ce genre d'opération et là il a bien fallu trouver une solution : on sentait bien que ça allait peut être se terminer là. On a galéré et je crois que c'est Camille5 (une figure locale de la radio et de l'agit prop rémoise) qui m'a glissé que la M.J.C. Claudel disposait d'une petite salle, d'un C.A. pour le moins ouvert aux projets refusés ailleurs, quant à son directeur Jean-Paul, rien que pour le connaître ça valait le coup de lui en parler.

Qui écrira un jour l'histoire de la M.J.C. Claudel quand Jean-Paul tenait les rênes ? Il y a de quoi : un endroit décalé à la fois ouvert sur ce petit quartier paumé en bout de boulevard Barthou mais aussi ouvert aux utopies du moment (surtout à forte connotation politique). Utopie et Ubu à la fois. Personnellement j'y ai passé des moments comme nulle part ailleurs, haut lieu de la contestation libertaire, réputé comme un bastion d’indécrottables gauchistes, Jean-Paul et son caractère de cochon aux manettes avec son atelier de sérigraphie militante : il savait être le plus aimable et le plus désagréable des hommes suivant les jours et les interlocuteurs, tout ce monde là, porté sur la tchatche à n'en plus finir, l'action militante, la bonne bouffe et l'alcool. Je me souviens de lui, Camille and co préparant des huîtres chaudes dans des conditions rock n'roll juste avant un concert : le monde s'était arrêté, ils n'en avaient plus rien à foutre de rien, tournant autour des huîtres pour réussir la cuisson pile poil : le concert ? « Ouais bon ben quoi ça va venir, tout est prêt pas de problème».

Pour faire bref, on est allé voir Jean-Paul qui nous a pas posé de question si ce n'est pour les dates de concert et si on savait où on mettait les pieds, quelque chose du style « ici c'est Claudel, y a un esprit, c'est une M.J.C. mais on n'est pas comme les autres même si faut pas trop le dire !».
Nous au départ on voulait bien ce qu'il voulait le Jean-Paul, c'était la salle qui nous intéressait...Presque parfaite pour ce qu'on voulait faire, même si ça puait le renfermé et le tabac à cause de la moquette murale, même si c'était un peu étroit : jauge de 100 personnes...enfin c'est ce que disait Jean-Paul qui n'a jamais été foutu de nous dire exactement ce qu'il en était, de toutes façons IL S'EN FOUTAIT complètement des textes, des règles, de la mairie, de la S.A.C.E.M. et de tous ces empêcheurs de tourner en rond : «merde on fait un truc, on le fait et si y sont pas contents y vont se faire voir», Claudel c'était ça et ça m'a toujours fait marrer de penser que le Paul Claudel il aurait surtout pas aimé donner son nom à une équipe pareille (bien fait pour lui). Et ça a démarré comme ça, à la bonne franquette, sans un rond, toujours sur le fil question fric, au début c'était de notre poche en cas de déficit, mais c'est jamais arrivé.
La gestion de la M.J.C. n'était pas orthodoxe, bien sûr c'était le foutoir mais en même temps Jean-Paul savait être efficace, fiable et il maîtrisait bien des techniques comme la sérigraphie et...la gestion des excités. Ce qui était étonnant avec lui c'était sa façon d'approcher les choses, il semblait se foutre de tout, tout laisser partir à vau-l'eau, puis d'un seul coup il s'y mettait, il secouait le cocotier («faut vous remuer les gars») et se montrait efficace.
Au début il était convenu que l'asso s'occupait de tout et que Claudel fournissait la salle gratuitement en prenant les bénefs du bar. Nous on louait la sono, pas cher, toujours payée en liquide dans le magasin d'électro-ménager de Rilly la montagne (Etbs. Germond, la caverne d'Ali baba du matériel sono pour le meilleur et peut être pas le pire mais pas loin), parfois ça marchait pas, fallait y retourner en urgence trouver un ampli de remplacement. A la sono, Dorian Feller le plus souvent, (le reste du temps : moi !) apportait son aide bénévolement et faut dire que c'était pas la place facile (la sono était très cheap et c'est lui qui se ramassait les réflexions et il se faisait secouer plus souvent qu'il n'aurait dû), il fallait parfois faire preuve de pédagogie avec les groupes pour expliquer qu'on faisait comme on pouvait et qu'on n'était pas des pros, c'était ça Un autre émoi. Au début c'est Antoine qui pensait à tel groupe puis, rapidement on a commencé à être contacté sans faire de pub, c'est comme ça que sont venus Les Coronados, Bam Balam, Les Thugs, Gary and the Roosters, Fixed Up etc. Ah oui, à propos des Fixed Up une anecdote, tout à trac en mangeant avant le concert, Antoine qui demande au guitariste « ouais, bon, « things get better » j'trouve que ça ressemble pas mal à...» (je ne me souviens plus à quoi), un blanc et réponse laconique « ah ouais tu trouves ? j'vois pas...». Il plaisantait pas avec ses morceaux et ses groupes fétiches, Tonio, il était prêt à mettre de la tension dans la soirée pour un truc comme ça, pour le reste il se foutait un peu de tout.
Par ailleurs à chaque fois qu'on pouvait on a mis une première partie du coin : les Scavengers6 étaient des habitués (avec Michel7 le bassiste qui allait ouvrir L'Usine) et ils en valaient la peine et des types vraiment sympas et pas frimeurs. Funeral Service8 prendra son tour plus tard. Des concerts mémorables il y en a eu quelques-uns, dans mon souvenir un des premiers concerts, torride, c'était des groupes de Tergnier (Chèque Barré, Yellin' Cats et Baco's Blues Band).

Je reviens pas sur les concerts apportés clés en main par Pol Dodu9, on n'a fait qu'être là (coller des affiches entre autres) et assurer la logistique, Pol s'est débrouillé de tout (Felt, Biff Bang Pow, Jasmine Minks, The Jesus and Mary Chain), ambiance surchauffée, salle archi comble, les derniers sont arrivés tellement tard qu'il n'y a pas eu de balance. On a commencé avec pas mal de retard. Passés les premiers sets les choses ont évolué avec Jean-Paul, il appréciait notre activisme, ça le faisait marrer notre énergie dans ce truc improbable et mine de rien quand il nous a proposé que la M.J.C. soit vraiment partenaire de l'association, ça nous a donné de la stabilité et de quoi voir venir plus sereinement. Jusque là on risquait la banqueroute à chaque concert, désormais la M.J.C. partageait les risques et participait aux collages, à la pub dans les journaux, banco ! On sortait des concerts en loques : suants, puants, à moitié sourds (pour ma part une partie importante de mon audition est restée là bas), éreintés et pour le public c'était du kif, tellement l'aération était fantomatique (de toutes façons il fallait pas ouvrir les bouches d'aération car le son se barrait avec et il fallait faire gaffe aux bonnes relations avec le voisinage). Mais, sauf une fois il n'y a jamais eu de problèmes, pourtant le bar marchait à plein tube et il y avait de l'excès dans l'air. Jean-Paul en bon père de famille (!) veillait au grain et un soir deux excités alcoolisés ont commencé à se battre dans l'escalier avec des tessons de bouteille, en quelques secondes c'était réglé, Jean-Paul les a mis d'accord (traduire : boum, boum !) et foutus dehors, un à chaque bras. Impressionnés on l'était ! Quand on est sortis beaucoup plus tard il y en avait un qu'était encore assis devant la pharmacie et comme on s'inquiétait un peu de sa santé Jean-Paul nous a laché un truc du style «l'avait qu'a pas trop boire, c'est un sale con, il finira bien par dégager ». Je ne me souviens plus du nom de ce groupe amateur d'Epernay qui jouait (à leur demande) en première partie, payé et qui nous a fait chier après leur set comme pas permis, comme quoi on était des exploiteurs etc etc et qui sont partis dans la belle Rover à papa, mais ça c'est des histoires qui existent toujours.

Ce qui m'a le plus frappé tout au long de ma participation à Un Autre émoi c'est la gentillesse, la générosité de pratiquement tous les groupes qui sont passés, même (et surtout) les anglais qui jouaient pour rien (2000 francs10 pour 3 groupes), qui dormaient et mangeaient chez l'habitant, pas d’hôtel, pas de restau, et tout ce monde là branché sur le même truc : l'instant, jouer, vivre son truc.

Comment s'appelait ce groupe suédois11 qui nous a envoyé des cartes postales (j'en ai encore une où ils nous remercient pour l'accueil) pendant qu'ils continuaient leur tournée en Espagne et au Portugal ? Demandez à Antoine, sûr qu'il s'en souvient. Et la fille qui s'occupait des Coro, on les attendait vers 14h/15h et qui m'appelle de Châtillon-sur-Seine «c'est où la M.J.C. ? On demande et personne connaît », quand elle a réalisé qu'entre Châtillon-sur-Seine et la zup des Châtillons à Reims il y a avait une sacré différence, (grosso modo 2h ½ de route) on peut pas dire qu'elle était ravie « tu vas m'entendre en arrivant...», effectivement je l'ai entendue « putain où il est le Philippe qui m'a dit etc etc.» il a bien fallu aller à sa rencontre et là, aussi sec passés les jurons : «bon allez, on a pas du se comprendre, quelle galère ! On sait que vous accueillez bien les groupes! ». C'est effectivement la réputation qu'avait Un autre émoi.

Bon j'arrête là, il y a des groupes qu'on n'a pas fait parce qu'on pouvait pas faire un groupe par semaine, par exemple Les Rats de Dunkerque, Parabellum (très chaotique « on vient, on vient pas, le groupe est séparé, on s'reforme! »). Après il en va de la vie des assoces de rock comme de celles de pétanque (!) ça va, ça vient, ses membres aussi et je suis passé à autre chose au bout d'un moment. Si depuis j'ai pas encore acheté d'appareil pour mes oreilles c'est limite et il faudra bien que j'y vienne, mais bon tant qu'il m'en reste encore assez pour écouter de la musique, c'est sans regret. L'association a continué son existence, le bureau s'est agrandi et ça a duré pendant plusieurs années (jusqu'en 1992 il me semble) preuve qu'il y avait bien un public pour ça. Ah dernier truc : l'époque Claudel me fait penser à deux figures emblématiques : Fafa11, décrit par Pol Dodu sous le nom de Mikael dans «L'ange au soupir»* et Jo la Cravate dont j'ai toujours ignoré l'identité2, La Cravate, petit gars remuant, souvent énervé, parfois disjoncté, toujours aimable en tout cas avec nous, pilier des concerts, qui aurait dû faire un groupe, il en avait la dégaine, l'esprit et la rage. J'ai toujours quelque part le cadeau de Jo et London : un faux 45tours punk avec le nom de l'émission, des faux titres, des dessins au feutre et stylo, un pin de drapeau anglais, le tout en papier avec le disque en papier carton à l'intérieur et la rondelle avec les titres et le nom du label et emballé dans une pochette plastique de 45tours.

Philippe Roger, février 2014


1 - David Rommel, connu aussi sous les noms de Roll Mops, M. Londres. Son surnom est dû à ses multiples voyages en Angleterre motivés notamment par l'achat de disques introuvables alors en France.
2 - Emmanuel Demain ()
3 - Anne Guillonnet
4 - soient 250€ en 2015
5 - Jacky Lassaux
6 - groupe formé de Marco (guitare / chant), Michel Jovanovic (basse), Franck « Franky » Saumon (guitare et chant), Jean-François « Jeff » Griffart (batterie)
7 - Michel Jovanovic
8 - groupe formé, selon les époques, de Thierry Wippler (chant), Antoine Proust (guitare), Eddy Chavaria (guitare), Laurent Simonnet (basse), Benoît Proust (batterie), Jean-Marc Wadel (basse) 9 - Jean-Christophe Brochard
10 - soient 400€ en 2014
11 – Fabrice Jacquesson (†2014)

59 Concerts Un Autre émoi

29/01/1984 : Snipers (Dijon) @ Saint-Ex
??/06/1984 : Coronados + Scavengers @ M.J.C. Claudel
03/11/1984 : Jesus and Mary Chain + Biff Bang Pow + Jasmine Minks @ M.J.C. Claudel
15/02/1985 : Scavengers + Funeral Service @ M.J.C. Claudel
23/03/1985 : Sub Kids + Vaterland @ M.J.C. Claudel
15/05/1985 : Fixed Up + Scavengers @ M.J.C. Claudel
21/06/1985 : Coronados + Reactors @ M.J.C. Claudel
05/10/1985 : Spider X @ M.J.C. Claudel
26/10/1985 : Les Thugs + Normals @ M.J.C. Claudel
10/11/1985 : Garrie and the Roosters + Funeral Service + Scavengers @ M.J.C. Claudel
11/01/1986 : Yellin' Cats + Baco's Blues Band + Chèque Barré (Tergnier) @ M.J.C. Claudel
22/02/1986 : Soggy + Cherokees + Bam Balam @ M.J.C. Claudel
22/03/1986 : Blessed Virgins + Hysterical @ M.J.C. Claudel
17/05/1986 : Les Innocents + Tora Tora @ M.J.C. Claudel
21/06/1986 : The Felt + Brigitte Rurale + Scavengers + Funeral Service @ M.J.C. Claudel
20/09/1986 : Sub Kids + Brigades @ M.J.C. Claudel
08/11/1986 : Kingsnakes + Missing Links @ M.J.C. Claudel
13/12/1986 : Chihuahua + Visages Pales @ M.J.C. Claudel
17/01/1987 : Sinners + Regard'Egout @ M.J.C. Claudel
21/02/1987 : Motherfuckers (+ Maniacs annulé) @ M.J.C. Claudel
07/03/1987 : The Jasmine Minks @ M.J.C. Claudel
18/04/1987 : Action + Friday's Angels @ M.J.C. Claudel
16/05/1987 : Surfadelics + Funeral Service @ M.J.C. Claudel
10/10/1987 : Wild Dolls + Yesterday's Papers + Catholic Boys @ M.J.C. Claudel
10/11/1987 : Kid Pharaon and the Lonely Ones + Staff @ M.J.C. Claudel
12/12/1987 : Maniacs + Yesterday's Papers @ M.J.C. Claudel
16/01/1988 : Les Thugs + Motherfuckers @ M.J.C. Claudel
27/02/1988 : Sunderboys + Fixed Up @ M.J.C. Claudel
16/04/1988 : Real Cool Killers + Scuba Drivers @ M.J.C. Claudel
11/05/1988 : Tijuana Kids + Chameleon's Day @ M.J.C. Claudel
11/06/1988 : Kingsize + Sentinels @ M.J.C. Claudel
22/10/1988 : Human Fly + Passion Killers @ M.J.C. Claudel
26/11/1988 : Mr Moonlight + The Mess @ M.J.C. Claudel
17/12/1988 : Les Coronados @ M.J.C. Claudel
14/01/1989 : Cherokees @ M.J.C. Claudel
18/02/1989 : The Moonshades + Arthur Bandit @ M.J.C. Claudel
18/03/1989 : Reactors + Unknown Pleasures @ M.J.C. Claudel
08/04/1989 : Tijuana Kids + Bitch Boyz @ M.J.C. Claudel
03/05/1989 : Shifters + Arajas @ M.J.C. Claudel
03/06/1989 : Chameleon's Day + Excelsiors @ M.J.C. Claudel
21/10/1989 : Johan Asherton @ M.J.C. Claudel
25/11/1989 : Scuba Drivers + Real Cool Killers @ M.J.C. Claudel
13/01/1990 : Passion Killers + Kinky @ M.J.C. Claudel
17/02/1990 : Motherfuckers + Staffomatic @ M.J.C. Claudel
24/03/1990 : Thompson Rollets + Ambulances @ M.J.C. Claudel
07/05/1990 : Maniacs + Bicth Boyz @ M.J.C. Claudel
09/06/1990 : Backsliders + Requins Marteaux @ M.J.C. Claudel
20/10/1990 : The Jet Boys + The Witch @ M.J.C. Claudel
24/11/1990 : H.D.Q. + The Informers @ M.J.C. Claudel
15/12/1990 : Arajas + Shaking Dolls @ M.J.C. Claudel
16/03/1991 : Mega Sonic Boom Blast + Yesterday's Papers @ M.J.C. Claudel
06/04/1991 : The Arhoolies + The Day Trippers
04/05/1991 : Thompson Rollets + Lip @ M.J.C. Claudel
08/06/1991 : In Vino Veritas + The Paladins @ M.J.C. Claudel
19/10/1991 : The Cry Babies + Happy Droopy Boys @ M.J.C. Claudel
16/11/1991 : Backsliders + Volfonis @ M.J.C. Claudel
21/12/1991 : Jane X band + Indiens Psychédéliques @ M.J.C. Claudel
18/01/1992 : Riverside + Prodigal Sons @ M.J.C. Claudel

14/03/1992 : Last One ?

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